LA CREATION DU MONDE
EAN13
9782013228268
ISBN
978-2-01-322826-8
Éditeur
Le Livre de poche jeunesse
Date de publication
Collection
LIVRE DE POCHE (1083)
Nombre de pages
192
Dimensions
17 x 12 x 0 cm
Poids
134 g
Langue
français
Code dewey
804
Fiches UNIMARC
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Indisponible
Illustration de couverture : Charlotte Gastaut
ISBN: 978-2-013-23138-1À Charlotte Ruffault

Préface

Quelques mots pour mieux entrer dans les récits qui suivent...

D'où provient l'univers ? Comment est-il apparu ? Qui l'a fait ? Combien de temps durera-t-il ? Et l'homme sur la Terre ? Et les étoiles dans le ciel ?

Et la vie ? Et la mort ?

Depuis l'aube des temps, les hommes se sont toujours posé ces questions à l'infini et, depuis l'aube des temps, ils n'ont jamais cessé d'imaginer des réponses. Rudimentaires, simples, naïves, elles reflétaient l'idée qu'ils se faisaient de l'organisation du monde à partir de leur vie quotidienne, de leurs observations. Ils en fabriquaient des histoires, avec une logique qui n'est plus la nôtre, où la raison s'accommodait de la magie et du merveilleux. Ces histoires, ces mythes, leur fournissaient des explications plausibles et vraisemblables des grands mystères de la Création. À partir de ces explications, ils concevaient leur existence, leur place dans le monde, organisaient leur pensée, se posaient de nouvelles questions, imaginaient de nouvelles réponses.

Nous continuons de procéder de la même manière aujourd'hui, sauf que notre expérience de la vie s'est enrichie au cours des millénaires et que nos outils d'observation sont devenus plus performants. La paléontologie, l'astronomie, la biologie, la géologie, l'archéologie sont quelques-uns de ces outils.

Mais c'est surtout parce que nos ancêtres savaient écrire que leurs mythes ont pu se transmettre, inspirer d'autres auteurs, obsédés par les mêmes questions sur l'origine du monde, qui ont écrit à leur tour, livrant leurs propres conceptions.

Ces textes ont voyagé à travers les peuples, se sont propagés d'un pays, d'une culture, d'une tradition à l'autre. Le commerce a souvent favorisé cette propagation. Mais la guerre aussi, la déportation des vaincus, l'esclavage, l'exil...

Les trois grands mythes de Création qui composent cet ouvrage sont proches cousins. Ils sont nés en Mésopotamie, en Palestine et en Arabie.

Les deux plus récents, tirés des traditions d'Israël et de l'Islam ont donné naissance aux trois grandes religions monothéistes : juive, chrétienne et musulmane.

En écrivant leur vision de la Création, les Babyloniens avaient une idée derrière la tête : prouver que le dieu protecteur de leur ville, Mardouk, était le plus grand de tous parce qu'il avait non seulement créé le cosmos, mais qu'il avait organisé la vie dans ses moindres détails, en inventant par exemple, la houe à deux dents et le moule à brique. Ainsi, Babylone, protégée par le Roi des dieux de tout l'univers, était bien la plus puissante des villes mésopotamiennes.

Cette épopée à la gloire de Mardouk, l'Enouma elish1, a été écrite sur des tablettes d'argile en langue akkadienne, douze siècles avant notre ère, et son auteur a réutilisé, pour le composer, des textes antérieurs qu'il a réécrits en les adaptant à son projet.

Les Hébreux, créateurs de la Bible, eux aussi, avaient un projet : raconter l'histoire du peuple d'Israël et les rapports privilégiés qu'il entretenait avec son Dieu ; affirmer aussi que ce Dieu était unique et rompre par là avec les religions polythéistes, comme l'était celle de Babylone.

Plusieurs passages de la Bible évoquent la création du monde. Les deux premiers chapitres du livre de la Genèse sont les plus connus. Mais on trouve aussi des récits de la Création dans le livre de Job, dans le livre des Psaumes ou celui d'Isaïe.

La Bible est une grande compilation. Ceux qui l'ont élaborée ont puisé dans un réservoir de textes, écrits au cours du premier millénaire avant notre ère. Certains de ces textes ont été retenus pour être intégrés au projet biblique. D'autres, qui proposaient aussi des versions de la Création, ont été écartés. Mais ils n'en existaient pas moins. On les appelle des textes « apocryphes »2.

Ces livres ne racontent pas tous la même histoire, parce qu'ils ont été rédigés à des époques différentes et par des auteurs qui développaient des points de vue personnels, en accord avec les idées de leur temps ou en fonction de leur propre vécu. Par exemple, on trouve dans certains récits hébreux des détails empruntés aux mythes de Mésopotamie, parce que leurs auteurs, emmenés en exil à Babylone après la prise de Jérusalem en 587 av. J.-C. par Nabuchodonosor, s'étaient, là-bas, nourris de la littérature et des traditions de ce pays.

Il est difficile d'harmoniser toutes ces versions, tant elles sont parfois contradictoires.

Cette difficulté est encore plus grande avec le Coran.

D'abord parce qu'il n'inclut pas comme la Bible de récits d'ensemble spécialement consacrés à la création de l'univers, mais disperse, tout au long de ses cent quatorze sourates3, une foule de précisions sur le rôle du ciel, le Trône d'Allah, l'équilibrage de la Terre, le Paradis, le Jugement dernier... éparpillées au cœur des versets4.

Ensuite, parce qu'à côté des indications du Coran s'est ajoutée, après la mort du prophète Mahomet, en 632 de notre ère, et jusqu'au Xe siècle, une foisonnante variété de commentaires qui forment le Hadith. Ces commentaires ont été écrits par des auteurs, grands connaisseurs du Coran, en réponse aux questions de toute sorte posées par les chefs musulmans d'alors.

En effet, les victoires remportées par les Arabes aux VIIe et VIIIe siècles avaient agrandi leurs territoires, et l'administration des populations au nom de l'Islam posait des problèmes aux chefs de communauté. Comment régler les litiges, organiser la vie familiale et économique, répartir le butin, quel statut donner aux peuples vaincus... en respectant les prescriptions de la religion ? Le Coran ne donnait aucune précision sur ces problèmes épineux et le Prophète n'était plus là pour répondre. Il fallait donc interroger le Livre sacré et l'interpréter. Ce fut la tâche des traditionnistes5. Leurs interprétations sont parfois difficiles à accorder entre elles, déroutantes, mais toutes sont admises et viennent compléter le texte révélé du Coran.

En ce qui nous concerne, nous avons écouté les paroles vénérables de nos vieux parents babyloniens, hébreux et arabes. Nous les avons compilées à notre tour et nous nous en sommes inspiré comme ils ont fait jadis, pour servir notre projet : parler de la vie et évoquer notre curiosité, notre émotion, nos rêves, quand aujourd'hui nous levons les yeux vers les étoiles.
1. Ce titre désigne les deux premiers mots du texte : « Lorsque là-haut... »2. Du grec apocruptos : « maintenus secrets ».3. Nom donné aux « chapitres » du Coran. Les sourates ne sont pas classées par ordre chronologique de révélation, mais par ordre de taille décroissante.4. Petits groupes de quelques phrases contenant une même idée qui découpent les sourates du Coran et les chapitres de la Bible.5. Transmetteurs des paroles attribuées au Prophète et classées dans des recueils.

MARDOUK

La création du monde
d'après les mythes de Mésopotamie

PERSONNAGES

TIAMAT :Compagne d'Apsou, appelée aussi la Grande-Mère. Elle est l'élément féminin de la grande masse d'eau qui était à l'origine du monde. Son nom signifie Eau-salée. Elle mourra au cours d'une formidable bataille cosmique, tuée par un de ses enfants, Mardouk. Avec son cadavre, celui-ci organisera le ciel et la terre.APSOU :Compagnon de Tiamat. Elément masculin de la grande masse d'eau originelle. Son nom signifie Eau-douce. Une fois mort, tué par un de ses fils, Ea, son corps formera le monde d'En-bas sur lequel la terre flottera comme un radeau.

TIAMAT et APSOU sont les parents de plusieurs générations d'enfants qui sont les dieux babyloniens.ANSHAR :Époux de Kishar. Son nom signifie : Tout-ce-qui-est-en-haut.KISHAR :Époux de Anshar. Son nom signifie : Tout-ce-qui-est-en-bas. Premier couple de dieux, né de Tiamat et Apsou.ANOU :Fils d'Anshar et Kishar.EA :Fils d'Anou et Antou. Dieu des techniques. C'est lui qui mettra à mort Apsou et créera le monde d'En-bas.MARDOUK :Fils d'Ea et Damkina. Le plus important de tous les dieux babyloniens. Chef du clan des Jeunes dieux. C'est lui qui organisera l'univers.MOUMMOU :Page et conseiller d'Apsou.QUINGOU :Deuxième époux de Tiamat après la mort d'Apsou. Chef de l'arm...
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